Cinq principes pour jeu d'acteur

Comment raconter des histoires ?

L'atmosphère, le suspense, la précision du langage et la description de ce que l'on voit, entend et ressent sont les clefs d'une bonne histoire.
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1 - L'atmosphère 

A propos de son film, la Neuvième porte, Roman Polansky évoque l’atmosphère comme la qualité première qui permet au spectateur d’oublier son fauteuil et au réalisateur de raconter son histoire. L'intention du narrateur va nourrir l'atmosphère.  Veut-il surprendre, rassurer, inquiéter, développer une esthétique spécifique, provoquer, rassembler...?

2 - La tension dramatique

L’intérêt du storytelling est de générer une tension entre le début et la fin qui a pour effet de capter l’attention du spectateur et de favoriser la survenue d’une émotion. 

On distingue traditionnellement trois manières de générer la tension dramatique : le suspense, la curiosité ou la surprise. Le suspense provient d’une incertitude sur la résolution de l’histoire. Par exemple : "le héros en retard va-t-il pouvoir prendre son train  ?" 
La curiosité est générée parce qu’un élément de l’histoire, une information importante, est conservée par le narrateur : "Le rendez-vous du héros a été annulé.". 
La surprise est un revirement inattendu de situation. :"La montre du héros avance d'une heure".

Si l’atmosphère est le substrat dans lequel baigne l’histoire, la tension narrative en est l’énergie.

3 - La précision du langage

 Tout récit peut gagner en crédibilité lorsqu’on ajoute de la précision. Lorsqu’on relate des faits passés, il est préférable d’être précis sur le lieu et le moment de l’histoire. Ex : «Je me promenais et j’ai trouvé une pièce de monnaie sur le sol» est moins efficace que : «C’était un jour de juin, en fin d’après midi et je me promenais sur une petite route de campagne 
qui conduit au superbe village de Kerbrume, lorsque tout à coup j’ai vu brillé dans le fossé quelque chose… En m’approchant je vis une pièce de monnaie.».
 
Les modes de perception sont principalement la vue, l'ouïe, le toucher. C’est ainsi que l’on expérimente le réel. Lorsqu’on relate des souvenirs, il est bon d’utiliser à nouveau ces différents modes. Dans la description de la découverte d’une pièce de monnaie ci-dessus, le mode visuel est uniquement utilisé, il manque le son et le ressenti pour donner au spectateur une pleine sensation du vécu. 
La description pourrait alors devenir : «C’était un jour de juin, en fin d’après midi et je me promenais sur une petite route de campagne qui conduit au superbe village de Kerbrume, 
je sentais la douce chaleur du soleil et je me laissais bercé par les bruits tranquilles de la campagne lorsque tout à coup j’ai vu brillé dans le fossé quelque chose… en m’approchant je vis une pièce de monnaie.» 

Si l’on souhaite donner un peu de suspense, on peut alors ajouter :  «.. .et j’ai aussitôt ressenti en moi une drôle de sensation… comme une vague d'émotion qui me submergeait... »
On observera qu’en réalité, il y a très peu de contenu et pas d’information intéressante, simplement l’utilisation des règles suivantes : 
 1 - Un lieu et un moment précis 
 2 - Ce que l’on voit, entend, ressent 
 3 - Une tension dramatique naissante .

Après cette exposition des faits, on peut montrer une vraie pièce de monnaie et continuer sa narration,en ajoutant : «… et lorsque j’ai ramassé la pièce, je me suis retrouvé enfant dans la cour d'école. J'entendais les cris de joie et j'ai revu mes camarades dont j'avais oublié le visage. Et ma main d'adulte est redevenue, pendant un instant, une main d'enfant tenant cette même pièce. Le souvenir s'est précisé. J'avais, il y a plus de quarante ans, ramassé dans une cour d'école, une pièce identique . Un doublon légèrement usé et j'en avais éprouvé une immense joie, comme un explorateur, qui découvre un trésor archéologique…  " 

Cet exemple pour montrer que même avec le contenu le plus faible qui soit ( une pièce trouvée au sol) on peut construire une narration. 

4 - L'histoire doit idéalement, apporter quelque chose à l'auditoire

"Cette pièce, je la garde toujours avec moi. J'ai rêvé que ce soit celle de mon enfance retrouvée par hasard, sur une route de campagne. Elle me sert aujourd'hui d'ancrage lorsque je fais une intervention en public. Elle a le pouvoir de me redonner énergie et confiance en moi.

Un ancrage est une sensation physique que l'on associe à un une émotion, comme la madeleine de Proust. C'est l'un des concepts clef de la PNL, programmation neurolinguistique.

Lorsque vous vivrez un moment fort, que vous serez très heureux, ou fier de vous, prenez un petit objet en main et gardez le quelques instants. Conservez-le ensuite précieusement au fond de votre poche et chaque fois que vous en aurez besoin, il vous suffira de le saisir à nouveau et il vous restituera un peu de ce bonheur magiquement conservé."

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