Script hypnotique 9 : La boucle hypnotique

Pourquoi notre cerveau est attiré par le négatif ?

En cas de crise comme la pandémie du Covid 19, l'expérience que nous vivons configure nos réseaux neuronaux.  Ce qui est normal puisque toute activité mentale crée de nouvelles structures neuronales. Tout ce qui traverse l'esprit sculpte d'une certaine manière notre cerveau. Mais tout ce que nous vivons de négatif impacte davantage notre cerveau. 
Nous devons tenir compte du fait que ce que nous vivons changera  notre manière de percevoir le monde. Dans cette période plus que dans toute autre, il faut avoir conscience du fonctionnement de notre cerveau pour ne pas laisser l'angoisse et la peur s'installer durablement en nous. L'après pandémie ne sera pas le même vécu pour tous. Et même si nous n'avons pas vécu la souffrance morale et physique de la maladie ou la perte d'un être cher,  le risque de voir s'installer progressivement un état de morosité, voire de dépression, est réel .
Mais c'est loin d'être une fatalité, à condition de bien comprendre que les pensées sont pour l'esprit une nourriture. L'intoxication est la résultante du fait de mal se nourrir. Et tout se passe comme les sucreries pour le corps, notre cerveau recherche et consomme sans modération le négatif
Notre cerveau est configuré pour absorber et retenir les informations négatives. Aussi faut-il avoir une hygiène mentale comme nous avons une hygiène alimentaire. Si aujourd'hui nous sommes tous sensibilisés à l'hygiène alimentaire, il n'en va pas de même pour l'hygiène mentale. Les conséquences peuvent être désastreuses pour notre état intérieur. Notre état intérieur (du bien-etre, de la sérénité jusqu'à l'angoisse, la mélancolie et la souffrance psychique) est ce qui nous importe le plus. Et pourtant que faisons nous chaque jour pour entretenir notre capital , le plus important : la joie de vivre ? En période de crise, ce n'est plus un luxe cela devient une nécessité sauf à passer le reste de ses jours dans la morosité et la grisaille.
Pour agir sur notre état intérieur, il faut comprendre pourquoi notre cerveau "aime" le négatif et quelles stratégies adopter pour  développer en nous de la sérénité en période difficile.

Pourquoi notre cerveau va davantage vers le négatif ?

Notre cerveau va privilégier l'information négative, la mémoriser en priorité et la repasser en boucle. Ce système parfaitement adapté pour une survie dans des conditions de vie sauvage s'avère particulièrement anxiogène dans notre monde moderne.
Notre psychisme fonctionne sur un double système :
1) Rechercher ce qui peut apporter du plaisir
2) Eviter ce qui est dangereux.
 Le système neuronal destiné à nous attirer vers ce qui est bon pour nous est basé principalement sur la production de dopamine et d'opioides naturels.  Mais le cerveau est davantage destiné à éviter ce qui est mauvais pour nous plutôt qu'à rechercher ce qui est bon. En terme de survie, en vie sauvage, ce système se comprend parfaitement. Il est préférable d'éviter un prédateur qui risque de nous tuer plutot que de manquer une occasion de se nourrir ou de s'accoupler. L'occasion perdue pouvant se retrouver, tandis que le fait de disparaitre n'offre, évidemment, plus aucune perspective de plaisirs pour la suite. 
Notre cerveau a donc été configuré pour privilégier toutes informations qui contient un risque éventuel. Toutefois ce système performant jusqu'à présent, se révèle moins adapté dans une société moderne où le risque physique est moins présent et l'information surabondante. En effet, nous sommes naturellement enclin à privilégier les informations négatives et devant leur surabondance à produire notamment trop d'adrénaline et de cortisol destinés à nous préparer au combat, à la fuite et à la survenue de blessures physiques. 

Le négatif l'emporte sur le positif

Lorsqu'un événement est identifié comme négatif, l'hippocampe veille à ce qu'il soit précieusement stocké. En effet, cette information peut se révéler importante en terme de survie. Les informations négatives vont être davantage recherchées, détectées et mémorisées que les informations positives et neutres. Lorsque nous expérimentons quelque chose, nous allons davantage remarquer ce qui fonctionne que ce qui ne fonctionne pas. Nous allons, par exemple, être affectés  par quelques échecs qui vont rapidement minimiser des réussites plus nombreuses.
Quelqu'un qui reprend la cigarette après avoir arrêté de fumer trois mois, voit toujours l'échec de sa tentative et jamais le fait d'avoir réussi pendant trois mois à ne pas fumer. 
Les expériences négatives vont laisser une trace indélébile dans le cerveau. Les victimes de traumatismes vont payer un lourd tribu à cette tendance de notre cerveau à stocker durablement ce qui est négatif.

Notre cerveau est un simulateur de réalités virtuelles

Ce que nous percevons du monde extérieur provient, pour une part seulement, directement du monde extérieur. La réalité que nous percevons provient aussi de l'intérieur de nous-même et principalement de notre mémoire interne. Notre cerveau recrée en permanence le monde que nous percevons en fonction de notre propre expérience du monde .  Un indien d'Amazonie et un citadin d'une grande ville, plongés tous les deux soudainement au coeur de l'Amazonie, ne vont pas voir la même chose.  Il est fort probable que le citadin ne percevra qu'un ensemble végétal hostile, vert et confus alors que l'indien percevra mille couleurs, subtilités et opportunités. Celui qui va à un rendez-vous amoureux et celui qui vient de perdre un être cher, ne voient pas la même rue. Même s'ils la traversent tous les deux, au même moment. Pour l'un, elle sera plaisante et merveilleuse, pour l'autre, elle sera terne, grise et sans intérêt.  Deux témoins d'une agression peuvent avoir un témoignage opposé de la même situation. Nous ne percevons pas la même chose, nous ne mémorisons pas la même chose et nous ne nous remémorons pas la même chose. Car notre perception du mond est une construction mentale à partir d'un petit peu de monde extérieur et de beaucoup de monde intérieur... et non pas une photographie de la réalité extérieure.
Notre cerveau va, de plus, produire continuellement des petits films qui vont passer en boucle, interférant sans cesse avec ce que nous percevons. Ce sont nos cogitations mentales qui font irruption, souvent malgré nous et nous sortent de l'instant présent. Les scientifiques pensent qu'au départ,  ces simulations psychiques étaient destinées à faciliter nos apprentissages. Simule , par exemple, les événements futurs favorisaient la survie de nos ancêtres. En produisant la simulation de ce qui risquait de se produire, par exemple la survenue d'un danger, cela permettait de mieux s'adapter aux conséquences possibles et de se préparer à agir efficacement. 
Avec l'augmentation de la taille du cerveau, cette fonction secondaire, est devenue de plus en plus importante. A l'arrière de notre esprit sont projetés en permanence des petits films, simulant le futur possible ou se remémorant des morceaux de souvenirs. Les pensées ne cessent de tourner en boucle et de dérouler les projections  de ce qui risque de survenir. Et si la projection interne est trop angoissante, elle génére  une production hormonale conçue pour affronter  un danger. Cette production d'hormones du stress, si elle est trop fréquente, risque de déséquilibrer le système et de l'"empoisonner". D'autant que le stress est prévu initialement pour préparer une action physique intense (fuir ou combattre) qui lorsqu'elle survient, a pour conséquence  de nettoyer le cocktail hormonal généré. Ce n'est évidemment plus le cas dans notre monde moderne où notre stress n'est plus correctement éliminé. Le stress ne conduisant plus, ou rarement, à l' action physique. 

Notre "simulateur psychique" prend une place excessive dans nos vies.

Le "simulateur psychique"  va nous extraire du présent et créer un filtre entre la réalité extérieure et ce que nous vivons. Vous discutez, par exemple, avec quelqu'un et tout à coup le simulateur vous entraine dans un flot de pensées. Vous vous retrouvez à revivre une situation passée ou à vous projeter dans un futur agréable ou désagréable. Vous êtes à la fois là et en même temps dans votre petit monde intérieur. Vous êtes coupés d'une vraie communication avec l'autre et vos flots de pensées colorent la relation avec l'autre sans même vous en apercevoir.
Le "simulateur psychique"  va nous faire vivre en boucle des scénarios catastrophes pour nous mettre en garde contre les situations dangereuses. Pourtant les prédictions "catastrophes" ne se réalisent quasiment jamais. En effet le système était performant avec des dangers directs comme la présence de prédateurs dans une zone qu'il fallait traverser avec prudence. Il devient peu utile et simpliste dans notre monde moderne complexe et surprotégé. C'est pourquoi de nombreuses personnes se projettent, souvent, dans un avenir improbable où elles se voient mal jugées ou abandonnées de tous .  La crainte du regard des autres devient alors l'entrave principal à leur bonheur et à leur épanouissement. L'angoisse de déplaire devient leur compagnon et elles s'interdisent d'être elle-mêmes, tandis que le scénario catastrophe ne se déroule jamais.  Non seulement, il n'aura pas empêché que survienne une vie non satisfaisante mais au contraire, il l'aura provoquée. 
A l'inverse, le "simulateur psychique" va aussi nous faire vivre des situations de plaisir futur surévalué. Tellement survalorisé que nous sommes déçus lorsque survient le réel. Nous voulons  continuer à vivre , coute que coute, cette réalité virtuelle à travers les écrans, le cinéma et les jeux vidéos. Pourtant ces plaisirs virtuels ne donnent qu'une excitation passagère et risquent de nous éloigner du bien-être si nous en abusons.  
Dans un premier temps, ils provoquent une production de dopamine qui va chuter brutalement quand survient le réel,  générant, alors, une profonde insatisfaction.
Ce n'est, pourtant qu'en vivant l'instant présent en connexion avec la vie environnante et réelle que l'on obtient l'équilibre interne. Le bien-être et la sérénité sont les états intérieurs nous indiquant que cet équilibre est atteint. Le "simulateur"  est en soi, une fonction utile de notre psychisme mais sa tendance à produire des scénarios caricaturaux et à prendre une part excessive dans nos vies, peut se retourner dramatiquement contre nous. Et même si avec l'expérience, nous nous méfions de nos cogitations mentales, il est difficile de les contrôler sauf à faire l'effort d'une véritable hygiène mentale.

Comment agir pour maintenir un équilibre interne conduisant au bien-être ?

Afin d'éviter qu'un événement négatif et stressant comme une pandémie, ne laisse une trace trop négative dans nos vies, il faut agir sur plusieurs plans : 

 1) Au niveau du corps :

Le stress va s'inscrire dans notre corps à travers des tensions musculaires conduisant à des douleurs au niveau du dos,  au niveau des épaules, dans le ventre etc... La tension musculaire en cas de stress est logique puisqu'elle est la préparation à l'action de combattre ou fuir. Faire du sport pour évacuer les tensions et faire de la relaxation pour détendre chaque muscle est le premier niveau des actions à entreprendre. Mais s'en tenir à ce niveau n'est pas suffisant, il faut pouvoir agir sur l'inclinaison naturelle du cerveau et la modifier progressivement.

2) Au niveau de notre hygiène mentale :

Nous pouvons faire temporairement baisser la surcharge mentale et l'afflux de pensées négatives avec des activités plaisantes comme le sport, la musique, le chant, la poésie, la lecture... La pratique des bulles attentionnelles va non seulement baisser la charge mentale mais va également nous préparer au travail en pleine conscience qui est un des éléments clefs de l'hygiène mentale. 
Pour une action plus durable et plus en profondeur, il est utile d'utiliser la méditation et l'auto hypnose. Ces pratiques vont permettre de nettoyer notre mental, de nous entrainer à la pleine conscience mais aussi de "reprogrammer" notre cerveau à davantage valoriser les informations positives. L'expérience montre, ainsi que de nombreuses études scientifiques, que ce sont des pratiques déterminantes pour lutter progressivement contre le stress et nous conduire vers le chemin de la sérénité. En favorisant un sommeil réparateur, en créant de l'apaisement et de la confiance en soi, en développant créativité et capacité à mieux se connecter à l'autre et au monde, ces pratiques sont déterminantes  pour nous conduire sur le chemin de la sagesse et de la sérénité. 
Ce site, comme d'autres, comporte de nombreux outils pour vous initier à votre rythme et gratuitement à ces pratiques. Pour ceux qui veulent un autre type d'accompagnement, j'ai créé une compilation d'audios hypnotiques et méditatifs pour générer du bien-être. Un programme complet d'initiation à l'auto hypnose et à la méditation guidée : Les 3 ressources de la sérénité ou comment gérer son stress et développer ses potentiels,
J'ai même créé un accompagnement sur un an : Osez etre  Soi en toute sérénité ou comment s'affranchir du stress et du regard des autres.

3) Au niveau de notre conception philosophique du monde :

La manière dont nous allons envisager la traversée d'une épreuve va déterminer globalement le sens que notre psychisme va donner à cette épreuve. Chaque information négative et stressante pourra ainsi être recadrée en fonction du sens qu'il lui est donné.
Si nous envisageons une pandémie comme un malheur absolu dont il n'y a rien à tirer de bon, notre cerveau va configurer cette expérience dans ce sens. Si nous considérons que nous avons quelque chose à apprendre, même des expériences les plus terribles et que nous pouvons en ressortir plus fort et plus serein, notre cerveau va donner un autre sens aux informations négatives que nous emmagasinons. Si nous considérons  que lorsque nous sommes confrontés à une épreuve, nous avons l'opportunité d'élever notre niveau de conscience alors toute épreuve est un moyen de grandir.
Evidemment la réalité est complexe. Croire que la pandémie n'apportera que du négatif ou croire que nous pouvons en apprendre quelque chose d'utile, ce n'est toujours qu'une croyance. Mais n'oublions pas  qu'une croyance est une suggestion directe et impactante faite à notre psychisme. Il est à parier que l'une ne produira pas le même effet que l'autre.
Afin de commencer à modifier notre tendance naturelle à surévaluer le négatif, je vous propose un petit exercice simple mais qui modifiera progressivement votre système. Etant bien entendu que le négatif sera toujours inconsciemment surévalué, si nous  attirons consciemment l'attention sur le positif, nous contribuons à rééquilibrer l'ensemble.

Tous les soirs notez trois faits que vous avez vécu positivement : 3 choses qui vous ont rendu heureux dans la journée.
Il est préférable de le noter sur un petit carnet ou un cahier
Conserver tous ces petits faits et re-liser les de temps en temps.
Cette petite pratique a changé la vie de certaines personnes.

En option :  pour amplifier le processus, faites un petit dessin simple et positif au centre d'un cercle pour illustrer chaque jour (un sourire, un soleil, une fleur...).
Vous aurez ainsi crée un petit mandala que vous pouvez colorier en peine conscience.

Vos réactions (9)

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Merci, votre site et très instructif et agréable à lire. Je me reconnais parfaitement dans cette phrase: "La crainte du regard des autres devient alors l'entrave principal à leur bonheur et à leur épanouissement. L'angoisse de déplaire devient leur compagnon et elles s'interdisent d'être elle-mêmes, tandis que le scénario catastrophe ne se déroule jamais", c'est mon quotidien...

par VERONIQUE . , il y a 1 mois

Merci pour ces conseils toujours précieux et d une humanité incroyable

par Caro , il y a 1 mois

Merci à vous. Merci Veronique et merci Caro.

Rassurez-vous, Véronique, c'est ce que vivent la plus part des gens. Heureusement, nous pouvons rectifier cette tendance de notre cerveau. C'est toujours un jeu d'équilibre entre être soi, sereinement et une certaine pression sociale. L'indicateur est "est-ce que je suis bien, ici et maintenant" et si ce n'est pas le cas, on corrige, on apprend, jusqu'à atteindre cet objectif et on recommence de jours en jours. C'est possible pour chacun de nous à condition d'en faire une priorité et de s'accorder au moins 20 minutes tous les jours, pour faire alliance avec nos ressources profondes, celles de la vie qui vibre à l'intérieure : Pleine conscience, bulle attentionnelle, méditation, auto hypnose, yoga, relaxation, sport en douceur, pratique créative (poésie, écriture, musique, chant, dessin...), jardinage (quand c'est possible) etc...sont autant de petits outils utiles à pratiquer un petit peu et chaque jour. Et j'ai plein d'autres choses à vous faire découvrir pour que le quotidien soit toujours un jour nouveau...Mais la plus grande règle est : la bienveillance et la patience avec soi-même. Apprendre à se faire confiance et ce que l'on nous apprend jamais : " ne jamais faire subir à soi-même ce que l'on ne ferait pas subir à autrui " . ...

par Claude , il y a 1 mois

par Claude , il y a 1 mois

Bonjour Claude et merci pour cet article très pertinent. Je voudrais l'illustrer par une citation de Mark Twain: "Ma vie est remplie de tragédies dont certaines on vraiment eu lieu".

Claudio, fidèle lecteur

par Claudio , il y a 1 mois

Merci pour ces utiles suggestions !

par Dédé , il y a 1 mois

Merci à Claudio et à Dédé.
J'aime beaucoup la citation de Mark Twain et vos encouragements sont pour moi, de vrais créateurs d'énergie.

par Claude , il y a 1 mois

Merci pour vos conseils et j'adhère tout à fait à votre point de vue.

par Claude , il y a 1 mois

Merci à vous

par Claude , il y a 1 mois

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